Le droit au sport : une revue du rapport final du FOSCC sous l’angle des droits de l’homme
Les 98 appels à l’action du rapport final de la Commission sur l’avenir du sport au Canada, intitulé Transformer le sport au Canada : Il est temps d’agir (mars 2026), sont analysés sous l’angle des droits de la personne. Chaque appel est mis en correspondance avec les normes internationales qui définissent que les gouvernements devraient entreprendre (participation, responsabilité, non-discrimination, autonomisation, légalité) et les caractéristiques d’un sport de qualité (disponibilité, accessibilité, acceptabilité, qualité) – le tout fondé sur la Charte canadienne des droits et libertés, les traités internationaux et les cadres relatifs aux droits des peuples autochtones.
Ce cadre existe déjà. Le Canada a des obligations contraignantes en vertu du droit international – les droits des enfants, des personnes handicapées, des peuples autochtones et le droit de tous de participer à la culture et au sport. Ce sont des engagements que le Canada a pris, mais qu’il a rarement respectés. Il est temps d’y remédier. Ces obligations donnent à l’écosystème ce que les 98 appels à l’action, pris isolément, ne peuvent pas : une base pour déterminer les priorités, les responsabilités et le niveau de performance acceptable. Les valeurs peuvent inspirer l’action. Les droits l’exigent et ouvrent la voie à leur mise en œuvre. Une vision du sport canadien fondée sur les droits de la personne recentre le débat : il ne s’agit plus de savoir qui reçoit le financement, mais plutôt ce que nous construisons ensemble et pourquoi . Les 98 appels à l’action deviennent ainsi des obligations pour le Canada, et non plus de simples recommandations. Cet outil le démontre. Il établit un lien entre chaque appel à l’action et la Charte canadienne des droits et libertés, les traités internationaux, les instruments relatifs aux droits des peuples autochtones et deux cadres de référence utilisés en matière de droits de la personne à l’échelle internationale : le PANEL et l’AAAQ, présentés en détail ci-dessous.
Principes fondamentaux des droits de l'homme
Ces quatre principes sous-tendent tous les droits de l'homme; ils constituent le fondement conceptuel sur lequel reposent les cadres du PANEL et de l'AAAQ.
Universalité
Les droits de la personne appartiennent à chaque personne sans exception. Le droit au sport s’applique à tous les Canadiens, quels que soient leur identité, leur lieu de résidence, leurs capacités ou leur situation.
inaliénabilité
Les droits de la personne sont inaliénables. Le droit d'un athlète à participer au sport dans la sécurité et la dignité ne peut être remis en cause par contrat, politique ou pour des raisons institutionnelles.
Indivisibilité
Tous les droits de la personne sont d'égale importance et ne peuvent être hiérarchisés. Le droit à un sport sûr est indissociable des droits à l'égalité, à la dignité et à la participation culturelle.
Interdépendance et interrelation
La réalisation d'un droit dépend de la réalisation des autres. Un sport sûr exige l'égalité ; l'égalité exige la participation ; la participation exige l'accessibilité.
Fondements juridiques et politiques
Les correspondances présentées dans cet outil ne sont pas de nature aspiratoire; elles sont ancrées dans le droit existant. Le Canada a ratifié des traités internationaux, adopté des lois nationales et souscrit à des déclarations politiques qui, ensemble, établissent des attentes claires quant au sport comme espace de réalisation des droits de la personne. Les instruments listés ci-dessous constituent le fondement juridique et politique sur lequel repose chaque correspondance de cet outil. Ils représentent des obligations que le Canada a déjà acceptées, la question n’est pas de savoir si ces engagements existent, mais si notre système sportif est organisé de manière à les respecter.
Charte canadienne des droits et libertés
Législation et politique intérieures
Instruments internationaux relatifs aux droits de l'homme
- Convention relative aux droits de l'enfant (CIDE)
- Comité des droits de l'enfant des Nations Unies — Observation générale n° 17 (2013) : Le droit de l'enfant au repos, aux loisirs, au jeu, aux activités récréatives, à la vie culturelle et aux arts
- CRPD — Convention relative aux droits des personnes handicapées
- CEDAW — Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes
- Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels
- Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP)
- CERD — Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale
- UNDRIP — Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones
- Charte internationale de l'UNESCO sur l'éducation physique, l'activité physique et le sport
- Appels à l'action 87 à 91 de la CVR — Commission de vérité et de réconciliation
- Plan d'action de Kazan (2017) — UNESCO
- Déclaration de Lekwungen sur la réconciliation et le partenariat avec les peuples autochtones dans le cadre du programme Sport Lekwungen du Commonwealth
- A/79/299 — Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits culturels : Le droit de participer au sport (2024)
- Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l'homme (2011)
Le Canada a ratifié la CIDE, la CDPH, la CEDAW, le PIDESC, le PIDCP et la CERD. En 2024, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits culturels a publié le premier rapport consacré à ce sujet, affirmant que la pratique sportive relève des droits culturels en vertu du droit international.
L'engagement international du Canada
- Centre pour le sport et les droits de l'homme — Membre du Conseil consultatif (en poste depuis novembre 2024)
- Le Canada était observateur auprès de l' Accord partiel élargi sur le sport (APES) du Conseil de l'Europe, mais il s'en est depuis retiré.
Document source
- Commissaire Lise Maisonneuve, Commission sur l’avenir du sport au Canada, « Transformer le sport au Canada : Il est temps d’agir », 24 mars 2026
Les cadres PANEL et AAAQ
PANEL : Les cinq dimensions des droits de la personne
Le cadre PANEL a été élaboré par la Commission écossaise des droits de l'homme comme outil pratique pour la mise en œuvre d'une approche fondée sur les droits humains (AFDH). Il définit les principes du processus – la manière dont les réformes doivent être menées – en veillant à ce que les titulaires de droits participent aux décisions, que les responsables rendent des comptes et que les protections juridiques soient applicables. Le cadre PANEL est aujourd'hui largement utilisé par les gouvernements, l'ONU et la société civile à l'échelle internationale comme norme pour la mise en œuvre des droits humains dans les politiques et les pratiques.
-
Participation PLe droit d'avoir voix au chapitre dans les décisions qui affectent votre vie et votre communauté.
-
Une responsabilitéLes systèmes doivent être transparents et responsables du respect des droits.
-
Non -discriminationÉgalité de traitement sans discrimination fondée sur l'identité ou la situation.
-
Autonomisation électroniqueRenforcer les capacités et l'autonomie pour revendiquer et exercer ses droits.
-
Légalité Des protections des droits fondées sur le droit et des mécanismes exécutoires.
AAAQ : Quatre dimensions de la réalisation des droits
Le cadre AAAQ trouve son origine dans l’Observation générale n° 14 (2000) du Comité des droits économiques, sociaux et culturels des Nations Unies, qui interprétait le droit à la santé au titre du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC). Il définit le de contenu – la réalisation concrète d’un droit – et a depuis été appliqué à l’ensemble des droits économiques, sociaux et culturels, notamment à l’éducation, à l’eau et au logement. Appliqué au sport, l’AAAQ s’interroge sur la disponibilité, l’accessibilité, l’acceptabilité culturelle et la qualité suffisante des opportunités pour répondre aux normes relatives aux droits humains.
-
Disponibilité AVLes ressources et les services doivent exister et être accessibles à tous.
-
Accessibilité ACAccès physique, économique et informationnel sans barrières.
-
Acceptabilité de l'AELes services et les politiques doivent être adaptés à la culture et respectueux.
-
Qualité QDes normes qui garantissent des résultats efficaces, dignes et sûrs.
Comment utiliser cet outil
Cet outil présente les 98 appels à l’action de la Commission canadienne sur l’avenir du sport sous l’angle des droits de la personne. Chaque appel est présenté sous forme de fiche indiquant son thème, le principe (PANEL) et la dimension (AAAQ) des droits de la personne qu’il vise, son échéancier de mise en œuvre et les responsables de sa mise en œuvre.
Navigation : Parcourez les 98 fiches ou cliquez sur n’importe quelle fiche pour ouvrir une vue détaillée avec l’analyse complète des droits de l’homme, y compris le texte original de l’appel, les protections pertinentes de la Charte, les instruments internationaux et les titulaires de droits.
Filtrer : Utilisez les filtres ci-dessus pour affiner votre recherche par thème, principe du PANEL, dimension AAAQ, échéancier, responsable ou titulaire de droits. Combinez les filtres pour explorer des intersections spécifiques, par exemple, tous les appels relatifs à la participation dont l’échéancier immédiat est attribué au gouvernement fédéral.
Partager : Utilisez le bouton de partage à l’intérieur de n’importe quelle carte pour partager un lien direct, ou appliquez des filtres et utilisez le bouton « Partager les résultats » pour partager une vue filtrée avec vos collègues.
Méthodologie : une approche fondée sur les droits de la personne
Chaque appel à l’action a été associé au principe du cadre PANEL et à la dimension AAAQ qui reflète le mieux sa signification principale en matière de droits de la personne. En pratique, toutefois, de nombreux appels mobilisent simultanément plusieurs principes. Une recommandation portant sur la sécurité des athlètes, par exemple, peut concerner à la fois la redevabilité, la non-discrimination et la légalité. Ce classement met en évidence la dimension dominante afin de faciliter l’analyse et la navigation; il ne vise pas à suggérer que les autres dimensions sont sans pertinence.Ce classement met en évidence la dimension dominante afin de faciliter l’analyse et la navigation; il ne vise pas à suggérer que les autres dimensions sont sans pertinence.
Détenteurs de droits : nommés et structurels
Une approche fondée sur les droits de la personne transforme fondamentalement notre rapport au sport. Lorsque le sport est reconnu comme un droit, ancré dans le droit de participer à la vie culturelle (PIDESC, art. 15) et réaffirmé par la Rapporteuse spéciale des Nations Unies dans le domaine des droits culturels (A/79/299, 2024), il en découle l’existence de détenteurs d’obligations responsables de la réalisation de ce droit, ainsi que de détenteurs de droits habilités à en revendiquer la mise en œuvre.
Les détenteurs de droits nous incluent toutes et tous. Toutefois, le droit international des droits de la personne porte une attention particulière à celles et ceux qui sont les plus éloignés de la pleine réalisation de leurs droits, les personnes confrontées à des obstacles structurels à la participation, à la sécurité et à la dignité dans le sport. Ce principe, ancré dans l’égalité réelle (ou substantielle), reconnaît que l’égalité formelle, traiter tout le monde de la même façon, est insuffisante lorsque les personnes font face à des obstacles fondamentalement différents. L’égalité substantielle exige que les systèmes soient conçus de manière à tenir compte de ces différences et à accorder une priorité à celles et ceux qui sont les plus exclus.
Cet outil classe les titulaires de droits à deux niveaux :
Nommé· e — l’appel à l’action identifie explicitement ce groupe, cible ses conditions spécifiques ou aborde les obstacles auxquels il est confronté de manière disproportionnée. La preuve en est dans le texte même de l’appel.
le plan structurel , le rapport du FOSCC établit que ce groupe est confronté à des obstacles spécifiques liés aux problématiques abordées par cet appel. Ce dernier induit un changement systémique qui s'attaque à ces obstacles. L'impact est réel, mais il s'opère par le biais d'une réforme structurelle plutôt que par une action ciblée.
Les deux niveaux s'appuient sur des éléments probants tirés du rapport final du FOSCC. Chaque mesure, qu'elle soit nommée ou structurelle, est rattachée à des passages précis du rapport. Cette approche reflète le fait que la plupart des 98 appels à l'action sont de nature structurelle : ils réforment la gouvernance, le financement, le contrôle et les systèmes de responsabilisation. Les groupes les plus touchés par ces systèmes sont les titulaires de droits, qu'ils soient nommément désignés ou non.
Concernant les athlètes : Il est entendu que les 98 appels à l’action ont tous un impact sur les athlètes. Par conséquent, ces derniers ne sont pas répertoriés comme une catégorie distincte de détenteurs de droits sur chaque appel. Les mentions de détenteurs de droits figurant sur chaque fiche reflètent les communautés spécifiques les plus directement touchées par cet appel, au-delà de l’ensemble des athlètes.
Concernant « Toutes les organisations sportives financées par le gouvernement fédéral » : Lorsqu’un appel à l’action désigne toutes les organisations sportives financées par le gouvernement fédéral comme responsables, cela fait référence collectivement aux organisations sportives nationales (OSN), aux organisations sportives provinciales/territoriales (OSP/OST) et aux organisations multisports (OMS) qui reçoivent un financement fédéral.
Les responsables
Les détenteurs d’obligations sont des institutions tenues de respecter, protéger et mettre en œuvre les droits des détenteurs de droits. Dans cet outil, les détenteurs d’obligations sont de nature institutionnelle, et non individuelle. Les entraîneurs et entraîneuses, les administrateurs et administratrices, ainsi que les bénévoles agissent comme des agents de ces détenteurs d’obligations institutionnels; l’obligation de former, certifier, vérifier et superviser ces personnes relève de l’institution qui les encadre.
Les responsables doivent respecter les droits (ne pas les violer), protéger (empêcher qu'ils soient violés) et garantir (prendre des mesures concrètes pour les réaliser). Cette triple obligation, associée aux principes de réalisation progressive (prendre des mesures délibérées et concrètes en vue de la pleine réalisation des droits), d'utilisation maximale des ressources disponibles (prioriser les droits dans les limites des budgets alloués) et de non-régression (ne pas revenir sur les droits acquis), constitue le fondement d'une gouvernance fondée sur les droits humains.
Les responsables visés par cet outil se répartissent en trois catégories : les gouvernements (qui ont la principale obligation légale), les instances du système sportif (qui ont la responsabilité opérationnelle dans le cadre établi par les gouvernements) et les institutions de mise en œuvre, écoles, clubs et installations de loisirs, où les droits sont finalement réalisés ou refusés.
PowerShift 2026 — Rejoignez-nous du 25 au 27 mai à Toronto pour discuter et défendre le sport comme un droit fondamental. En savoir plus et s'inscrire →
Sélectionnez une fiche pour afficher l'analyse complète, y compris le calendrier de mise en œuvre, les responsables et les titulaires de droits.
CONTACTEZ-NOUS
ABONNEZ-VOUS À NOTRE LISTE DE DIFFUSION